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Enseignements à Ganden Tcheuling
Lire l'enseignement de Gueshé Lobsang Tengyé sur le Bouddhisme TantriqueIntroduction au Bouddhisme Tantrique
Cet enseignement a été donné par le Vénérable Gueshé Tengyé
le 17 septembre 1984 à Ganden Tcheuling
Bonjour,
Dans le bouddhisme, on distingue deux Véhicules :
- le Hinayana ou petit Véhicule ;
- et le Mahayana qui est le grand Véhicule.
Le Hinayaniste - ou pratiquant du Véhicule inférieur - est une personne qui renonce au samsara (ou existence cyclique) et suit le sentier de la libération. Le Hinayaniste veut atteindre la libération pour son propre bonheur.
Le Mahayaniste renonce lui aussi au samsara mais il veut atteindre l’illumination dans le but d’être bénéfique à tous les êtres. Pour être bénéfique à tous les êtres il est indispensable d’avoir obtenu l’état de Bouddha, la bouddhéité ou Éveil, qu’on appelle aussi « l’état excellent ».
Le Mahayana est lui-même divisé en deux Véhicules :
- le Mahayana causal, qui est le Véhicule des Perfections (ou Paramitayana). Il est encore nommé Véhicule des soutras (ou Soutrayana) car il est expliqué dans les soutras ;
- le Véhicule résultant ou Véhicule du tantra (Tantrayana) est expliqué dans les tantras. On le nomme également, Mantrayana, ou Vajrayana, « yana » signifiant «Véhicule ».
Les résultats du Véhicule de Vajra sont : la terre du Bouddha, le corps du Bouddha, les qualités du Bouddha et les actions du Bouddha. Ces quatre résultats sont pratiqués au cours du sentier du Vajrayana. Alors même qu’il est sur ce chemin, le pratiquant s’entraîne dans les méditations qui lui permettront d’obtenir la terre, les corps, les qualités et les actions du Bouddha. Un tel yogi pratique les causes similaires aux résultats, c’est la raison pour laquelle on parle de Véhicule résultant. Alors que dans le Véhicule des Perfections on pratique les causes pour atteindre la Bouddhéité mais pas les résultats.
Cependant, le résultat obtenu, l’état de Bouddha, est le même, qu’on pratique le Vajrayana ou le Soutrayana. Les deux Véhicules mènent également à la Bouddhéité, ils permettent d’obtenir les mêmes résultats et les mêmes qualités.
En pratiquant ces deux Véhicules, on atteint :
- le Roupakaya (Corps de Forme) ;
- et le Dharmakaya (Corps de Vérité).
le but de la pratique de ces deux Véhicules est donc d’atteindre les Corps de Forme et de Vérité du Bouddha.
Le Corps de Forme fait référence à un corps comparable à celui que nous avons et le Corps de Vérité à un corps de sagesse mentale plutôt semblable à notre esprit.
Celui qui pratique le Vajrayana et celui qui pratique le Paramitayana sont égaux en ce que leur principal désir est d’être bénéfiques à tous les êtres et pour y parvenir ils doivent atteindre l’état de Bouddha.
La cause principale permettant d’atteindre le Corps de Vérité du Bouddha est la pratique de la sagesse qui réalise la vacuité. Et la cause principale permettant d’obtenir le corps de forme est la pratique de la méthode : Bodhicitta (ou
« esprit d’éveil ») et l’entraînement en les six perfections. Encore une fois : le but ultime du Véhicule du tantra et du Véhicule des perfections est d’être bénéfique à tous les êtres. Et pour pouvoir être bénéfique à tous les êtres il est indispensable d’atteindre la Bouddhéité : nous ne pourrons les aider vraiment qu’à cette condition.
Et si nous ne possédons pas la sagesse qui comprend la vacuité, il nous sera impossible d’atteindre la Bouddhéité. En effet, pour obtenir celle-ci, il faut complètement se libérer de toutes les émotions perturbatrices, et, pour ce faire, la sagesse qui réalise la vacuité est indispensable. Il nous faut donc absolument cette sagesse.
Donc, en résumé, pour pouvoir être bénéfique à tous les êtres il nous faut les deux Corps du Bouddha ;
- le Corps de Forme ;
- et le Corps de Vérité.
La cause qui permet d’atteindre le Corps de Forme du Bouddha (Bodhicitta et les six perfections) est la même pour les deux Véhicules. Mais dans le Vajrayana on doit en plus pratiquer les résultats pendant qu’on s’entraîne sur le sentier.
Et la cause qui permet d’obtenir le Corps de Vérité du Bouddha est la compréhension de la vacuité, et cela est pareil pour les deux Véhicules.
Dans le tantra, la pratique consiste à imaginer qu’on possède le même corps, les mêmes qualités que le Bouddha et qu’on fait les mêmes actions que lui et ceci afin d’obtenir le corps, les qualités et les actions du Bouddha.
La différence entre le Véhicule du tantra et le Véhicule des soutras est dans la manière dont on obtient la bouddhéité. Pour l’obtenir les deux Véhicules ont besoin à la fois :
- de la méthode (bodhicitta) ;
- et de la sagesse (vacuité).
Si on a la méthode sans la sagesse il est impossible de devenir Bouddha et si on a la sagesse mais pas la méthode c’est également impossible.
Dans le Mahayana, la manière d’obtenir la bouddhéité est par l’union de la méthode et de la sagesse.
Dans le Véhicule des perfections on développe ces deux choses : méthode et sagesse. Mais dans le Tantrayana ce n’est pas suffisant : méthode et sagesse doivent être intégrés dans un seul esprit, dans une seule pensée.
Comment peut-on intégrer ces deux choses dans une seule pensée ?
Quelle que soit la divinité de méditation que l’on pratique, on se concentre sur son propre corps comme étant le corps de cette divinité, le corps du Bouddha. Le corps résultant du Bouddha est orné des marques mineures majeures et est inséparable de l’esprit du Bouddha. Autrement dit, son Corps de Forme est indissociable de son Corps de Sagesse : ils composent une seule entité. Pendant qu’il est sur le sentier, sur la voie vers l’éveil, le yogi imagine que son corps est un véritable Corps de Bouddha et cela constitue la cause pour établir le Corps de Forme du Bouddha dans le futur. Et, simultanément, le yogi médite sur la vacuité en considérant que ce corps n’a pas d’existence inhérente.
Ces deux pensées sont donc intégrées dans une seule pensée, simultanément :
celle de voir son corps comme le Corps de la divinité;
et celle de considérer ce Corps comme n’ayant pas d’existence inhérente.
Alors qu’on médite sur la vacuité, c’est-à-dire qu’on pense que l’on n’a pas d’existence véritable, en même temps, on voit son corps comme celui de la déité.
Le Corps de la déité et son manque d’existence intrinsèque doivent être indissociables et intégrés dans une seule pensée. La familiarisation avec cette intégration permet d’obtenir le Corps de Vérité (Dharmakaya) du Bouddha qui apparaît comme le corps de forme du Bouddha. Ceci doit être établi pendant qu’on est sur la voie vers l’éveil, pendant qu’on est sur le sentier, ce que l’on nomme le «temps causal ».
Puisque le Corps de Vérité et le Corps de Forme du Bouddha sont une seule entité, pendant le temps causal on doit méditer que ces deux choses n’en font qu’une.
Cette pratique est une pratique profonde des tantra et n’existe pas dans les soutras.
En bref, la pratique de la méditation sur le mandala de la déité et le corps de la déité est la cause qui permet d’obtenir le corps de la déité.
Comme on l’a dit, la différence entre soutra et tantra est dans la cause qui permet d’obtenir le Corps de Forme du Bouddha.
Dans le Soutrayana nous avons également besoin d’une cause qui permette d’obtenir ce Corps de Forme du Bouddha. Et cette cause c’est bodhicitta et les six perfections.
Cette pratique existe aussi dans le tantra mais la particularité de celui-ci est de se visualiser soi-même comme la déité.
On appelle aussi le tantra « mantra secret », ce qui souligne son caractère secret. Le tantra a pour but d’atteindre des pouvoirs élevés et on le pratique secrètement, c’est-à-dire qu’on ne le divulgue pas à tout le monde.
En tibétain, le mot « sang-ngag » signifie :
- sang : secret ;
- ngag : mantra.
Et en sanscrit, le mot « mantra » signifie :
- man : esprit ;
- tra : protection.
Donc, « protection de l’esprit ».
Pratiquer le mantra secret signifie que l’on protège son esprit.
On distingue 4 types de tantras :
1) le kriya-tantra : « kriya » signifie « action ». C’est le tantra de l’action ;
2) le charya-tantra ou tantra de la performance ;
3) le yoga-tantra ;
4) le yoga-tantra le plus élevé ou anuttarayogatantra.
Lorsqu’on pratique les trois premiers tantras (de l’action, de la performance ou le yoga tantra) on doit se générer soi-même sous la forme d’une déité. Pour pouvoir obtenir le Corps de Forme du Bouddha on doit visualiser son corps comme étant le Corps du Bouddha. Si on fait la pratique de Tchenrézi, par exemple, notre corps est le Corps de Tchenrézi. Si on fait la pratique de Tara, notre corps est le Corps de Tara...
Une fois que l’on a généré une apparence très claire de soi-même en tant que déité, on doit alors générer ce qu’on appelle « l’orgueil divin ». Cela a pour but de couper la vision de notre corps ordinaire, de notre apparence ordinaire.
Ensuite, on fait la génération frontale, c’est-à-dire qu’on visualise la divinité en face de soi. Après avoir fait la pratique de la génération frontale et l’auto-génération (soi- même en tant que déité), on visualise le mantra de la divinité en son cœur. Mais il ne suffit pas de se voir sous la forme de la déité et de générer l’orgueil divin : il faut considérer également que ce corps de déité n’a pas d’existence inhérente.
Pour obtenir l’état de Bouddha il faut intégrer dans une seule pensée :
- l’auto-génération sous l’aspect de la déité ;
- et l’absence d’existence véritable du corps de la déité.
Des 4 tantra le plus haut est l’anuttarayogatantra, dans lequel il faut pratiquer
- l’étape (ou stade) de génération ;
- et l’étape d’accomplissement.
Le but de ces pratiques est de transformer
- la mort,
- l’état intermédiaire,
- et la naissance
en les 3 corps de Bouddha (le Corps de Forme étant divisé en deux : Corps de Jouissance et Corps d’émanation).
- La mort ordinaire peut être transformée en Corps de Vérité (Dharmakaya) ;
- l’état intermédiaire (bardo) en Corps de Jouissance (Sambhogakaya) ;
- et la naissance en Corps d’Émanation (Nirmanakaya).
Au stade d’accomplissement on transformera réellement ces 3 états en les 3 corps de Bouddha mais avant d’atteindre ce stade, au cours de l’étape de génération, il faut méditer (imaginer) qu’on a atteint ces 3 corps.
Au moment de la mort les 4 éléments se dissolvent :
- Quand l’élément terre se dissout dans l’élément eau, on a alors la vision d’un mirage.
- Quand l’élément eau se dissout dans l’élément feu, on a une vision de fumée (comme celle qui sort d’une cheminée).
- Quand l’élément feu se transforme en air, on a une vision de lucioles ou d’étincelles.
- Quand l’air se transforme en conscience, la vision expérimentée ressemble à la flamme d’une bougie (ou d’une lampe à beurre) qui, avant de s’éteindre, a un dernier soubresaut.
Lorsqu’on dit par exemple que l’élément terre se dissout dans l’élément eau, cela ne signifie pas que la terre se transforme en eau mais que le pouvoir de la terre a dégénéré et que le pouvoir de l’eau devient plus fort.
Après cette vision de flamme, on perçoit de la lumière blanche.
Pourquoi a t-on cette apparence de lumière blanche ?
C’est à cause de nos 3 canaux principaux :
- le canal central ;
- le canal gauche ;
- le canal droit.
A ce stade du processus de la mort, les vents des 2 canaux latéraux au dessus du coeur pénètrent dans le canal central par son ouverture supérieure (à la couronne crânienne, au sommet du canal central). Alors, le nœud des canaux au sommet de la tête est défait. Au centre de ce nœud se trouve une partie de la goutte blanche qui vient du père et lorsque ce nœud se défait, la goutte blanche de la couronne descend jusqu’au cœur... on a alors cette vision de lumière blanche, semblable à un ciel clair et pur où se reflète la lumière de la lune.
Nous avons donc cette vision parce que la goutte descend jusqu’au coeur.
- Puis tous les vents des canaux droit et gauche au dessous du cœur pénètrent dans le canal central. Par la force de l’entrée des vents dans le canal central, le nœud du chakra du nombril se défait. Au centre de ce chakra il y a une goutte rouge qui vient de la mère (qu’on appelle en tibétain « tumo ». Cette goutte rouge étant de la nature du feu, elle remonte jusqu’au cœur.
A ce moment on a la vision d’un ciel avec un reflet de soleil couchant (rouge et jaune) appelée « vision d’un rouge radieux ».
- Lorsque la goutte blanche qui descend et la goutte rouge qui monte se rejoignent au chakra du cœur, le nœud de ce chakra se défait. Au centre de ce chakra il y a la goutte indestructible. Cette goutte indestructible est composée d’un esprit très subtil, d’un vent et de la goutte du père et de la mère. Ce vent et cet esprit très subtil sont à l’intérieur de la goutte dont la partie supérieure blanche vient du père et la partie inférieur rouge de la mère.
Lorsque la goutte blanche est
descendue et que la goutte rouge est montée elles viennent
recouvrir l’esprit très subtil qui est à
l’intérieur des deux gouttes. À ce moment-là
on reçoit une vision d’obscurité. Et lorsque nous
avons cette vision noire, nous avons l’impression de sombrer
dans l’inconscience. Puis un vent et un esprit très
subtils commencent à envahir tout notre corps. On a alors
l’impression de reprendre conscience et c’est une vision
de claire lumière dans un espace vide.
À ce
moment-là c’est la mort.
C’est de ce moment dont on peut se servir pour réaliser ce qu’est la vacuité.
Le temps passé dans cet état de vacuité peut être d’une durée variable.
Après avoir reçu cette vision de vacuité, les 2 gouttes du père et de la mère s’inversent. La goutte rouge de la mère sort par le nez et la goutte blanche du père sort par l’organe sexuel.
Et dès que les 2 gouttes s’inversent, la conscience part de notre corps et nous prenons alors
le corps de l’état intermédiaire.
L’état intermédiaire :
La cause substantielle du corps de l’état intermédiaire est le vent de la goutte indestructible et le cause substantielle de l’esprit du corps intermédiaire est la claire lumière. C’est comme quand des enfants jouent à la balançoire : dès qu’on s’assoit d’un côté, l’autre côté se soulève.
Le corps de l’état intermédiaire n’est pas un corps identique à notre corps actuel mais il est composé de vents, c’est un corps mental mais d’une forme et d’organes. La forme de ce corps de l’état intermédiaire dépend du lieu où l’être va renaître : si, par exemple il va reprendre naissance dans le monde animal, il aura l’aspect d’un animal, s’il doit renaître dans le monde humain, il aura la forme d’un corps humain....
Les êtres du bardo vont où ils le désirent, rien ne peut les arrêter : ils peuvent même passer à travers les montagnes. Ils se nourrissent d’odeurs. Ils sont clairvoyants. Ils ne peuvent être vus que par eux-mêmes et par les êtres qui ont ce pouvoir de clairvoyance qu’on nomme « l’œil divin ». Les êtres du bardo qui vont prendre une renaissance humaine peuvent être vus par les êtres du royaume des dieux du bardo. Les êtres du bardo peuvent voir de « haut en bas » et non de « bas en haut », c’est-à-dire que par exemple les humains du bardo ne peuvent voir les dieux du bardo.
Ces êtres errent partout en quête d’un lieu de naissance.
Les êtres de l’état intermédiaire peuvent voir leur corps mort, leur corps précédent, mais ils n’ont plus le désir de le retrouver. Par contre ils désirent en trouver un autre. Ils peuvent aller partout, sans aucun obstacle, mis à part le ventre de la mère. Ils voient l’accouplement du père et de la mère et, à ce moment, ils développent de l’attachement, et c’est ce qui les fait entrer dans la matrice. Si l’être du bardo s’attache à la mère et repousse le père il renaîtra en tant que mâle. Si c’est l’inverse, s’il s’attache au père et repousse la mère, ce sera une femelle.
Après avoir développé ce désir et cette haine, il quitte son corps d’être du bardo et entre dans les deux gouttes des parents.
Il a alors trouvé un lieu de naissance.
Il meurt dans l’état intermédiaire et prend naissance dans ce nouvel état. Ensuite, le nouveau corps de cet être change de jour en jour et au bout d’un certain temps l’accouchement a lieu.
C’est ainsi qu’on erre dans l’existence cyclique.
Dans le tantra, la mort, l’état intermédiaire et la renaissance ordinaires doivent donc être transformés en les 3 Corps de Bouddha : le Corps de Vérité, le Corps de Jouissance et le Corps d’Émanation.
La claire lumière par laquelle on passe au moment de la mort a le même aspect que le Corps de Vérité du Bouddha, l’être du bardo a le même aspect que le Corps de Jouissance du Bouddha et la naissance le même aspect que le Corps d’émanation.
Pendant
le stade de génération on imagine donc que l’on
transforme ces 3 états en les 3 corps du Bouddha. Et pendant
le stade d’accomplissement on les a effectivement transformés
en ces 3 corps. Mais avant de s’engager dans la pratique de ce
2ème stade (d’accomplissement) il est impératif
d’avoir d’abord accompli les pratiques du 1er stade (de
développement).
Pendant l’étape de
génération, nous ne sommes pas vraiment capables de
transformer ces 3 états en les 3 corps de Bouddha, mais nous
pouvons le faire mentalement, en imagination. Quand on pratique ce
1er stade on doit tout d’abord méditer sur la vacuité
et dans l’état de vacuité on se génère
en déité.
Donc, pendant ce stade, on imagine simplement qu’on prend les 3 corps de Bouddha. Tandis qu’au cours du stade d’accomplissement, on transforme réellement ces 3 états en les 3 corps de Bouddha.
Pendant le stade d’accomplissement, on médite sur les canaux et les vents et on essaie de faire passer les vents dans le canal central. Et lorsque les vents se concentrent tous dans le canal central, on expérimente alors les mêmes visions qu’au moment de la mort.
Il y a un esprit très subtil qui est inséparable du vent. Nous avons déjà cet esprit très subtil. La continuité de cet esprit très subtil se transforme dans la nature de la claire lumière de la mort, il devient cette claire lumière. Pour un être ordinaire, c’est la mort. Pour un pratiquant du stade d’accomplissement, cette claire lumière se transforme en Voie. Tous les êtres, même les êtres ordinaires, ont la vision de la claire lumière quand ils meurent, mais ce n’est pas la claire lumière de la Voie, c’est une vision qu’ont tous les êtres. Alors qu’en pratiquant le stade d’accomplissement, on devient capable de transformer cette vision de claire lumière en Voie.
Le pratiquant du stade d’accomplissement transforme la claire lumière ordinaire en Voie par l’union de la sagesse qui comprend la vacuité au moyen de l’imagination mentale (claire lumière de l’exemple) et de la claire lumière de la mort.
Cela met fin à la mort ordinaire et par conséquent à l’état intermédiaire et la naissance causées par les émotions perturbatrices.
La
claire lumière de la voie permet d’engendrer le corps
illusoire, elle est la cause substantielle de l’esprit du corps
illusoire. Et les vents de la claire lumière sont la cause
substantielle du corps illusoire. Puis l’être illusoire
meurt et reprend un corps plus grossier, le corps d’émanation.
Quand
on pratique de cette manière, alors, les 3 états (la
mort, l’état intermédiaire et la renaissance) se
transforment en les 3 corps de Bouddha.
Quand
on reçoit la vision de claire lumière au moment de la
mort, alors tous les vents qui ne sont pas reliés à la
claire lumière cessent, et c’est la véritable
mort pour un être ordinaire. La claire lumière et ses
vents sont inséparables.
Dans
le tantra, l’esprit et les vents ont la même nature mais
un aspect différent. Si on donne deux noms différents
dans le tantra, c’est parce que le vent a la capacité de
bouger alors que l’esprit a la capacité de connaître
les objets : ils ont deux fonctions différentes.
On donne
le nom de « vents » parce que les vents
bougent. La claire lumière utilise les vents comme monture, ce
qui lui permet de bouger.
A partir de cet état de claire lumière on prend naissance dans le bardo. L’esprit de claire lumière devient alors la cause substantielle de l’esprit de l’état intermédiaire. Et le vent la cause substantielle du corps de l’état intermédiaire.. L’esprit de claire lumière devient l’esprit du bardo parce qu’il y a continuité avec les vies antérieures.
La claire lumière que nous voyons, nous, êtres ordinaires, au moment de la mort est ordinaire et elle vient de la continuité des esprits des vies précédentes. Elle ne nous empêche pas de prendre renaissance dans le bardo.
Mais par contre, le
pratiquant du stade d’accomplissement peut transformer la
claire lumière ordinaire en claire lumière de la voie
et il ne renaîtra pas dans le bardo.
Puisque cela l’empêche
de renaître dans le bardo, alors il ne prend pas de renaissance
sous l’emprise des actions contaminées et des émotions
perturbatrices.
Le pratiquant du stade d’accomplissement peut donc faire cesser l’état intermédiaire et la renaissance ordinaires.
Conclusion :
Généralement parlant, pour pouvoir pratiquer le tantra, il faut avoir reçu certaines initiations, et on n’a pas le droit de divulguer certains secrets.
Une autre traduction « d’ initiation » est « pouvoir ». Cela signifie que l’initiation donne le pouvoir d’apprendre, de contempler et de pratiquer les tantras. L’initiation est la porte d’entrée à la pratique du tantra. Sans initiation, pratiquer serait inefficace et même dangereux.
Pour pouvoir vraiment pratiquer le tantra, il est aussi très important d’avoir auparavant pratiqué les préliminaires tels qu’ils sont mentionnés dans le Véhicule des perfections : avoir développé le renoncement, bodhicitta et la vue correcte de la vacuité. Il est très difficile de réaliser ces trois points d’une manière parfaite, cependant, si on s’engage dans leur pratique, on peut très vite arriver à développer un état artificiel de renoncement, de bodhicitta et de compréhension de la vacuité. Il serait erroné de pratiquer le tantra sans avoir acquis pas une compréhension et une réalisation, au moins superficielle, de ces trois points.
Donc, on doit d’abord s’entraîner dans les trois principes du Chemin qui sont le renoncement, bodhicitta et la compréhension de la vacuité.
Si on est vraiment capable de très bien pratiquer le tantra, alors c’est vraiment magnifique, car cela pose de très fortes empreintes pour cette vie et les vies futures.
C’est avoir beaucoup de chance que de simplement entendre les enseignements du Dharma. Parce que, si on ne pratique pas une voie spirituelle, alors on ne met pas vraiment sa renaissance humaine à profit. Le but du Dharma n’est pas seulement d’obtenir le bonheur dans cette vie mais aussi dans toutes les vies futures. Et spécialement à cette époque où il est très difficile de trouver des gens qui pratiquent le Dharma, le simple fait que vous y preniez intérêt et que vous pensiez à le pratiquer vous apporte d’innombrables mérites.
Quant à moi, je vais prier pour que vous ayez de bonnes réincarnations d’une vie à l’autre.
Merci beaucoup.
Transcription réalisée par Annick PETIT (Lobsang Tendrön). Les erreurs éventuelles seraient dues à mon manque de mérites et de capacités, je vous remercie de me les signaler en envoyant un message à Terrepure@wanadoo.fr